Sujet dur; le viol.Le viol est un acte sexuel imposé par une contrainte physique ou psychologique. Dans certaines législations, la tromperie ou le dol constituent comme la violence un élément appréciateur du viol. Juridiquement, le viol est généralement considéré comme une agression sexuelle aggravée.
Le viol est aujourd'hui désapprouvé dans la plupart des sociétés mais ce n'a pas été toujours le cas et il existe toujours des sociétés où il est toléré, voire non juridiquement défini. Le viol est un crime très fréquent et sa prévention comme sa répression connaissent des difficultés dans tous les pays.
Conséquences.*La disparition des règles pendant plusieurs mois ou des dérèglements durables ou passagers sont le lot de nombreuses femmes.
*Les troubles du sommeil sont aussi fréquents, images passées et cauchemars font tellement craindre la perte de conscience que représente le sommeil, que des insomnies chroniques s'installent.
*Les dérèglements du système digestif : vomissements subits et diarrhées, des contractures physiques qui vont aller jusqu'au handicap.
*Des crises de spasmophilie sous l'effet de "l'électro choc" produit par une réminiscence subite.
*Les tentatives de suicide sont innombrables. Certaines aboutissent. 16% évoquent des comportements suicidaires par l'usage de l'alcool et des drogues, vouloir oublier pendant un moment ou ne plus supporter de vivre.
*Les troubles de l'alimentation : anorexie ou boulimie à des degrés divers, pouvant être alternatifs, passagers ou durables.
*Beaucoup parlent de la persistance de la sensation d'être sale, semblable à de la boue, sale dehors et sale dedans, ce qui les conduit à prendre des bains ou douches plusieurs fois par nuit ou par jour.
Toutes ces perturbations ne sont pas identifiées ni par la femme elle-même ni par l'entourage, comme des conséquences du viol, ce qui provoque très fréquemment des déplacements des troubles au fur et à mesure qu'il y a essai de traitement ; la perturbation s'inscrit dans la partie du corps qui est devenue insupportable à la victime. Les difficultés sexuelles sont autant physiques que relationnelles. Une femme ayant reçu un jet de sperme dans l'oeil lors d'un viol par fellation, attribue le glaucome dont elle vient d'être opérée, aux conséquences de cette agression. Pendant de longues années cet oeil avait été pour elle un objet de dégoût et de rejet.
Ne parlons pas des avortements, mais combien préférables à la naissance d'un enfant du viol, rappel constant et terrible du crime. Comment personne n'a-t-il pu aider ces femmes à avorter, même tardivement, ou du moins à accoucher sous X. Nous insistons sur cette nécessaire prise de conscience de geste humanitaire pour la femme et pour l'enfant. Qu'il soit homme ou femme, la découverte, adulte, de l'origine de sa naissance par un viol laisse dans un total désarroi, dans la honte et le rejet des autres.
Bouleversement de la vie affective et sociale
Le viol bouleverse brutalement la vie affective des victimes. 52% reconnaissent être ou avoir été "en dépression", c'est un terme vague où domine la dévalorisation de soi. Ces dépressions à répétition vont conduire 28% de celles qui nous ont appelé, à avoir tenté une thérapie.
Le viol bouleverse aussi gravement la vie sociale des victimes, sans qu'elles-mêmes ou leur entourage attribuent ces modifications à l'agression.
Quand elles sont jeunes, elles parlent souvent d'une modification brutale dans les résultats scolaires. 12% lient leur échec scolaire au viol.
Quand il s'agit de femmes adultes, 16% notent leurs difficultés dans le travail, et dans plusieurs cas la perte de l'emploi, souvent due aux absences multiples ou aux retards répétés. Les différentes convocations pour des examens médicaux, des confrontations, des expertises ne sont pas toujours expliqués pour leurs vraies raisons. Quand elles le sont à cause des questions d'assurance, il n'y a pas plus de compréhension. De plus, les résurgences de souvenirs insoutenables provoquées par ces convocations, entraînent des difficultés de concentration.
Lorsque le viol est connu dans le milieu professionnel, le regard des collègues ou de l'encadrement est souvent plus destructeur qu'aidant.
Les trajets : selon le lieu ou l'heure où s'est passé le viol, les trajets deviennent insupportables. Il n'est pas toujours possible de prendre des taxis ou d'être véhiculé par des amis. Alors la victime se terre chez elle.
Le logement : Viol chez elle, viol chez un voisin, adresse connue par le violeur, tous ces éléments rendent le domicile insupportable. C'est rarement le violeur qui est "interdit de séjour". Alors la femme galère, ne pouvant supporter de vivre dans ce lieu devenu objet d'horreur et d'insécurité. Quelque fois des municipalités compréhensives aident à des changements de logement, cela reste rare.
Les difficultés relationnelles : 54% évoquent ce problème. L'entourage ne comprend pas les sautes d'humeur, l'agressivité, les peurs subites. La victime a besoin d'affection et la redoute, décontenancée par des manifestations phobiques qu'elle ne relie pas forcément au viol : agoraphobie (peur de la foule, peur de sortir), claustrophobie (peur de l'enfermenent), peur du miroir. Elle a besoin de parler et le craint tout à la fois, parce qu'elle sent qu'elle provoque la gêne et l'incompréhension : "Tu en as déjà parlé,", " Ne pense pas toujours à ça".
32% évoquent les problèmes sexuels et 12% une peur et un rejet total des hommes : "Je n'ai plus de sexualité depuis...", "on ne peut supporter d'avoir du plaisir et d'envisager le plaisir de l'autre", "je ne peux pas supporter même une main qui me touche". "le visage de mon ami prend les traits du violeur".
C'est certainement la dégradation du rapport aux autres qui est la conséquence la plus destructrice après un viol.
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Il est bien difficile de rendre compte de tant de souffrance et de tant de vies gachées.
Peut-être si toutes ces paroles de femmes étaient retranscrites, un plus grand nombre de professionnels, juges, travailleurs sociaux ou thérapeutes comprendraient ce qu'est réellement le viol, acte de destructuration de la personne humaine qui n'aspirait pourtant qu'à vivre en paix avec des hommes. Peut-être d'autres aussi dans l'entourage prendraient conscience des souffrances vécues par leurs proches et pourraient dire, comme ce frère, homme de 35 ans, en pleurs après l'émission : "ce n'est pas possible qu'on t'ai laissée comme ça, si seule".
Transmettre ces témoignages de femmes est pour l'association une sorte de devoir moral : dire tout haut ce dont les femmes témoignent tout bas, prisonnière des mythes sociaux. Beaucoup de femmes nous encouragent dans notre action de soutien aux victimes et de dénonciation du viol. Livrer leurs paroles, les faits, avec les mots employés et révèler ainsi la réalité du viol vécu par les femmes, de façon accessible à toutes et à tous, c'est aussi notre but et notre rôle. Il est important que les femmes se reconnaissent dans le témoignage des autres.
Nos relations avec les médias et la façon dont ils traitent ces témoignages nous ont appris à éviter deux écueils dans cette dénonciation : le voyeurisme et la banalisation de la réalité, au point de la faire accepter comme "normale". Ceci est particulièrement vrai pour les viols de femmes adultes. Le public s'émeut toujours des abus sexuels envers les enfants, mais ne change guère de mentalité par rapport aux femmes adultes violées, sauf quand le viol s'accompagne de violences extrêmes.
Une analyse est nécessaire qui ne se borne pas à la description des cas additionnés les uns aux autres et enroulés sur eux-mêmes, mais qui se réfère à des valeurs communes qui servent de critères de jugement.
La référence féministe s'est imposée à nous à la fois par le constat des mouvements militants et par des analyses sociologiques ou historiques reconnaissant la domination des hommes sur les femmes dans notre société. Si l'on ne se réfère pas à ces critères, à ces valeurs communes que sont la reconnaissance et le respect de l'une et de l'autre dans les relations humaines et sexuelles, on risque de juger selon le "bon sens commun" qui, imprégné des mythes et des conditionnements, va aboutir à maintenir ce crime dans le silence, ce qui veut dire culpabilité pour la femme et impunité pour l'agresseur.
Transmettre ces témoignages, faire cette analyse est primordiale pour agir efficacement contre les violences sexuelles. Non seulement pour le traitement du viol (des victimes et des agresseurs), mais aussi pour une prévention réelle.
http://www.cfcv.asso.frMon avis:
Le viol, celon moi, est une agression dont il est dur de parler car souvent la victime se croit coupable. Mais sérieusement, si vous êtes une victime, il ne faut pas hésiter a en parler. L'agresseur se doit d'être mis en prison et de suivre une thérapie pour son bien et le bien de la société en général. souvent, on dit agresseur mais il se peut aussi que se soit une femme *pas de discrimination ici* puis, il s'agit souvent d'un proche de la victime. L'agresseur aime se sentir supérieur. mais pourquoi? POURQUOI?
pourquoi gâcher une vie tandis que l'industrie du sexe, aussi développée qu'elle soit, permet a tous de satisfaire ses «besoins»? Maudits cons.
Ça m'donne envie de pleurer...
Vous en pensez quoi?